Date: 25.04.2017  Heure: 16:25 GMT


Ajouté le : 07.02.2017 12:58

L’ « excès-ption » diplomatique mauritanienne !

Notre diplomatie est –elle devenue la source de nos conflits avec nos voisins immédiats, la machine à casser tout sur son passage, livrée à nos folles ambitions !

 

 Par CTD

 

Ce « truc à risques » national entre les mains de ceux qui prétendent se tailler une place dans le concert des Nations sans savoir sur quel bouton appuyer. Sans maitriser l’abécédaire d’une diplomatie politique intelligente, ils naviguent dans l’inconnu.

 

Multipliant les erreurs et les incohérences, accumulant les désolations, nos « bons et braves » diplomates n’ont pas le sens des équilibres géostratégiques. Quand le problème vient de nos voisins arabes, nous crions à l’ingérence et au complot historique au nom d’une velléité hégémonique.

 

L’instinct de conservation d’une « territorialité inaliénable » sonnant comme un appel à la mobilisation, se met en ordre de bataille. Un simple mot à peine connoté ou interprété hâtivement suffit pour déclencher une campagne de « défense nationale » contre un ennemi invisible. Si c’est le Maroc qui cherche à « déstabiliser », on tente de s’ouvrir davantage à l’Algérie comme pour trouver un protecteur rassurant.

 

Quand c’est l’Algérie qui fâche son voisin mauritanien, une main tendue est adressée au royaume chérifien. Le danger permanent du voisin Polisario logé au cœur de notre infini désert oscille au gré des alliances et contre-alliances. De l’autre côté du fleuve, le voisin de la Téranga est partagé entre le souci de ménager les susceptibilités de son frère séculaire et l’exigence de se faire respecter, non sans subir le ras-le-bol de certains comportements peu sages, diplomatiquement.

 

Une diplomatie constructive a besoin d’une certaine retenue, surtout d’un esprit de modération pour régler les problèmes au lieu d’entretenir des dérapages. On doit cesser de prendre pour argent comptant les déclarations d’un homme politique, peu importe son rang et dont les propos n’engagent que lui. Au lieu de mettre ses humeurs à la solde d’un gouvernement. Un journaliste qui reçoit sur son plateau un invité autour d’un sujet aussi grave que celui de l’esclavage et qui, du reste, n’est plus un tabou ne doit certes pas outrepasser les limites du métier, mais de là à en faire une sorte d’affaire d’Etat à Etat semble peu courtois.

 

Il y a lieu de séparer les positions et se mettre au-dessus des préjugés pour ne pas verser dans l’excès. Nos rapports avec nos voisins immédiats ne doivent pas être pollués par des discours haineux que veulent amplifier les sirènes de la discorde. Le sage de Bandiagra Hampathé Ba ne disait-il pas qu’ « il n y a pas de petites querelles » ! Seule la sagesse politique triomphe sur des rivalités futiles. Aucun pays ne peut vivre seul enfermé. Les uns et les autres ont des citoyens en séjour dans chacun des pays voisins.

 

Cessons de voir en l’étranger qui vit parmi nous un parasite ou un malfrat. Un mauritanien au Gabon, ou au Sénégal doit se sentir en sécurité et mérite un traitement digne. Tout comme un sénégalais, un burkinabè etc résidant en Mauritanie ne saurait être à la merci des comportements policiers (rafles, rackets, …). Nous remarquons malheureusement la persistance de telles pratiques honteuses à l’égard de personnes étrangères en séjour dans notre pays prenant des proportions inquiétantes.

 

Au nom de la carte de séjour des citoyens non mauritaniens sont renvoyés à la frontière sans ménagement. Dans cette chasse aveugle à l’étranger, des mauritaniens noirs ne portant pas sur eux leurs pièces d’identité sont exposés aux mêmes risques. Comme si la « mauritanité » est lisible sur le front ! Dans un monde en profonde mutation, les échanges commerciaux et les flux humains font sauter les barrières linguistiques, culturelles dans toutes les nations.

 

L’Europe ; vieux contient du monde a bâti son économie sur des valeurs universelles. Devons –nous être une exception ou une singularité ?

 




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