Date: 25.04.2017  Heure: 16:30 GMT


Ajouté le : 20.04.2017 08:32

Mauritanie : « Il y avait toutes les ethnies à la marche de la Jeunesse (Khali Dialo)

ALAKHBAR (Nouakchott) - Le coordinateur du Comité de réflexion de l’Initiative « Marche de la Jeunesse Mauritanienne », Khali Diallo, a déclaré que « la marche pacifique de la jeunesse mauritanienne », avait réuni dimanche dernier « toutes les communautés du pays ».

 

« Nous étions habillées en t-shirt noir et blanc pour symboliser la diversité culturelle de la Mauritanie. Dans notre marche, il n’y avait pas seulement des Peuls. Pas seulement des Soninkés. Pas seulement des Wolofs. Pas seulement des Maures. Dans la marche pacifique de la jeunesse mauritanienne, Il y avait toutes les ethnies et toute la jeunesse mauritanienne » a expliqué Khali Diallo. (Interview).

 

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ALAKHBAR : Votre initiative est accusée d’être téléguidés depuis l’Etranger. 

 

Khali Diallo : Nous l’avons dit dans plusieurs interventions : ce qui nous inquiète ce n’est pas des accusations. Celui qui veut tuer son chien l’accuse de rage. Il serait important que ces accusations soient fondées et que des preuves soient servies, mais pas dire simplement que nous sommes téléguidés. Il faut que les gens arrêtent. Quand des jeunes mauritaniens se lèvent pour défendre leurs droits et pour contribuer au développement du pays, ils doivent être taxés de téléguidés ? Nous ne sommes pas téléguidés.

 

ALAKHBAR : Vous êtes aussi accusés d’être instrumentalisés par des politiques et d’autres mouvements.

 

Khali Diallo: Aucun mouvement ni parti politique, de l’intérieur ou de l’extérieur de la Mauritanie, ne pourra nous instrumentaliser. Nous n’avons pas de relations avec un parti politique.  Et nous ne sommes pas en lien avec d’autres mouvements. Nous sommes une jeunesse consciente qui a soif de servir la Mauritanie et de consacrer son énergie au développement de ce pays. Certes, nous contestons, mais nous proposons aussi des solutions. Nous avons analysé une situation où pratiquement rien ne va et avons proposé des solutions propres aux problèmes des jeunes.

 

ALAKHBAR : Certains parlements plutôt de jeunes noirs qui veulent brûler ce pays

 

Khali Diallo: Nous étions habillées en t-shirt noir et blanc pour symboliser la diversité culturelle de la Mauritanie. Dans notre marche, il n’y avait pas seulement des Peuls. Pas seulement des Soninkés. Pas seulement des Wolofs. Pas seulement des Maures. Dans la marche pacifique de la jeunesse mauritanienne, Il y avait toutes les ethnies et toute la jeunesse mauritanienne. Dans ce pays, il y a des gens qui ont tellement échoué à point que quand d’autres réussissent quelque chose ils essayent de les cataloguer et de les qualifier de racistes et de haineux. C’est pour que la communauté arabo-berbère de ce pays se retournent contre la volonté de la jeunesse. Dans le Comité de réflexion de la « Marche de la jeunesse mauritanienne » dont je suis membre, il y a des Maures, des soninkés, des Wolofs et des Peuls ; il y a des métissés et des Harratines. Vous savez, en Mauritanie, les gens ont peur de voir les jeunes se retrouver ensemble. Pendant des années, le discours de division a été servi en Mauritanie par tous les politiques pratiquement. Même si certains n’ont jamais explicitement porté ce discours, il a été à un moment devenu un sujet de discussion et un sujet politique chez eux.

 

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Nous avons dit aux politiques mauritaniens que nous ne nous reconnaissons plus dans ce qui se fait, aussi bien du parti au pouvoir que de l’opposition. Mais nous ne ferons pas le travail à la place des politiques. Nous sommes des jeunes mauritaniens qui veulent contribuer à l’amélioration des décisions politiques des gouvernants du pays, aussi bien du côté de l’opposition que de celui du pouvoir. Croyez-moi. Si nos revendications concernaient plutôt l’opposition nous serions tournés vers cette opposition.

 

ALAKHBAR : Pourquoi la police vous accuse d’être violents ?

 

Khali Diallo: Nous avons dix personnes qui sont détenus. Il est important de préciser que parmi ces dix certains n’avaient même pas participé à la marche.  La Police les a arrêtés devant leur domicile. Après, elle a fait son rapport disant qu’ils ont violenté les forces de l’ordre.

 

ALAKHBAR : Qui sont les avocats qui défendent vos camarades arrêtés ?

 

Khali Diallo: Le collectif des avocats est conduit par Maître Fatimata Mbaye que nous saluons pour son courage. Nous remercions aussi Maître Ould Bouhoubeini qui nous accompagne. Nous avons également le bâtonnier de l’Ordre National des Avocats Mauritaniens qui a décidé d’accompagner le collectif. Il y a encore maître Ebéti et d’autres avocats, une vingtaine.

 

ALAKHBAR : Quelles sont vos revendications ?

 

Khali Diallo: Nous revendiquons la simplification de la procédure d’enrôlement à l’état civil biométrique. Nous revendiquons une bonne santé pour la jeunesse et une couverture maladies. Nous demandons une enquête sur les hépatites. Nous revendiquons la sécurité pour nos sœurs et nos mères. Nous voulons la reconnaissance des diplômes de Mauritaniens obtenus à l’étranger.  Nous demandons le renforcement de la sécurité routière. Nous sollicitons l’officialisation des langues nationales. Nous exigeons la valorisation de l’Ecole publique. Les écoles privées sont en train de détruire l’avenir de l’Ecole publique mauritanienne. Nous voulons surtout l’insertion des jeunes diplômés chômeurs et les non diplômés. Il y a des jeunes non diplômés, mais qui ont des qualifications. Nous réclamons aussi la transparence dans tous les concours nationaux : une communauté ne doit pas être privilégiée au détriment d’autres.

 

ALAKHBAR : Pourquoi adresser ces revendications directement au Président de la République ?

 

Khali Diallo: Dans cette République Islamique de Mauritanie, il y a un chef d’Etat qui s’appelle Mohamed Ould Abdel Aziz. Il a dit, lors d’une conférence de presse, que c’est lui qui décide de tout dans ce pays et règle tous les problèmes. Donc, nous jeunes mauritaniens qui constitutions 70 % de la population voulons parler au président de la République sans intermédiaire.

 

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