Date: 18.08.2017  Heure: 23:41 GMT


Ajouté le : 10.08.2017 13:37

"À Propos du sénat", par Nagi Ould Abdel Aziz

La décision de supprimer le sénat présentée au suffrage du peuple le 05 Août dernier, parmi d'autres réformes constitutionnelles, a suscité un débat parfois houleux, et a fait couler beaucoup d'encre. En effet, J’ai été surpris par les interventions de certains qui estimaient que le sénat est une institution "nécessaire " pour notre démocratie.

 

 Avant d'exprimer mon avis par rapport à ce débat, je voudrais d'abord faire un détour sur l'historique du ou des "sénats " en guise de rappel pour ceux qui se sont employés à lier par tous les "moyens" la crédibilité et la représentativité de la démocratie, à l’existence ou non d'une telle institution. En effet le sénat a été  toujours, depuis l’époque gréco-romaine le conseil où sont représentés les membres des classes supérieurs (les nobles). On y accédait seulement par nomination ou par succession. Avant de se transformer - dans les démocraties modernes dites "bicamérales" en une institution qui a pour vocation de représenter les collectivités locales, ou les entités jouissant d’une personnalité morale à l’intérieur de ces démocraties. Je citerais trois exemples de démocratie contemporaine, et dont chaque sénat traduit les particularités, et les spécificités de chacune d’elles.

 

Au États-Unis - par exemple - le sénat représente les états composants la fédération. Il légifère en parfaite complémentarité avec la chambre des représentants, qui elle, représente la population.

 

En Grande-Bretagne, la version locale du sénat s'appelle la chambre des lords, dont certains membres sont nommés, tandis que d'autres sont élus. Elle n'a qu'un rôle consultatif.

 

 En fin, en France (cinquième république) le sénat représente les collectivités locales et les DOM - TOM.

 

 Quant à la Mauritanie, la constitution de 1991 a crée un sénat qui est sensé représenter les collectivités locales (régions ou départements) sur l'exemple français plus haut cité. Seulement voila que nous nous sommes rendus compte – au fil des années - que cette institution ne correspond pas à nos réalités ni à nos spécificités, et ne répond - donc - pas a nos aspirations en matière de développement démocratique et socio-économique. En plus bien-sûr de ses coûts exorbitants pour un pays pauvre comme le nôtre. D’où l'idée de proposer la suppression de cette chambre, et son remplacement par des conseils régionaux, élus directement par le peuple. Ces conseils auront la tâche de définir les priorités du développement local, l'orientation, la surveillance, le contrôle, et le suivi des projets exécutés par l'État au niveau régional. L'enracinement des comportements et pratiques démocratiques dans le quotidien du citoyen n'est qu'un impact positif parmi d'autres qu'auront ces conseils sur notre démocratie à moyen et long terme. Je ne saurais terminer cette intervention avant de rappeler à l'opposition "boycotiste " le contenu de ses déclarations politiques, ses programmes électoraux, ainsi que les interventions documentées de ses leaders, qui proposent toutes la suppression du sénat, pour les mêmes raisons - à peu près - que j'ai cité plus haut. Pourquoi ces leaders n'ont-ils pas le courage politique et le courage tout court de s'associer à une "revendication " qu'ils ont eux - même longtemps brandie.

 

 Malheureusement notre opposition est encore - non pas une opposition d'idées, de programmes et de principes - mais une opposition personnifiée fortement marquée par le tempérament et les jugements subjectifs de ses leaders.


Aujourd’hui, et après que le peuple mauritanien ait plébiscité les réformes constitutionnelles, qui sont- je le rappelle- le résultat d'un dialogue nationale inclusif, et qui poseront les jalons de la troisième république -  tout le monde est appelé à tourner la page, et de se tourner vers l'avenir - que nous espérons tous - promoteur pour notre pays.

 

 




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