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Date: 26.06.2022  Heure: 23:39 GMT


Ajouté le : 16.05.2022 20:43

Le cycle ingénieur mauritanien obtiendra-t-il l’accréditation internationale ?

J’ai le plaisir, à l'occasion de l’audit de l'accréditation internationale du cycle ingénieur, prévue fin juin prochain, de revenir sur la trajectoire de cette voie ambitieuse et d'évoquer quelques options nationales importantes qui seront décisives dans le futur. C’est aussi l’occasion de saluer les efforts investis depuis plusieurs années pour le hisser le cycle ingénieur mauritanien au rang des meilleures écoles d'ingénieurs, malgré la jeunesse de l'expérience et la modestie des ressources, car nous avions à cœur d'améliorer chaque année la qualité de la formation, pour chaque nouvelle promotion d'élèves-ingénieurs.

 

Il est plus pédagogique dans ce cadre de donner des exemples de références avec un pays industrialisé et un pays de notre région. La France forme par exemple chaque année 35 mille ingénieurs dans 205 écoles d'ingénieurs dans un pays d'environ 66 millions d'habitants, ce qui signifie qu’elle produit annuellement un ingénieur pour 2 mille personnes. Le Maroc s’est efforcé ces dernières années d'atteindre la moitié de cette performance et a réussi à former 10 mille ingénieurs par an dans 44 écoles d'ingénieurs, avec une population d'environ 40 millions d'habitants, ce qui signifie que le Maroc forme annuellement un ingénieur pour environ 4 mille personnes. Avec notre population d’environ 4 millions, nous devons à priori former un millier d'ingénieurs par an si nous voulons atteindre le même niveau de performance que le Maroc. C’est avec ce niveau d’efficacité des ressources humaines qu’il sera possible de concevoir des politiques économiques capables de rivaliser en termes d'attractivité industrielle et espérer ainsi pourvoir localiser une production d’envergure et des services de qualité dans le cadre d'une économie basée sur la connaissance et la compétence.

 

Notre pays a franchi des étapes importantes dans le développement de ses cycles ingénieurs et son ambition pour une accréditation internationale est devenue crédible depuis sa réussite dans la première phase en novembre 2019, mais, malgré son développement qualitatif régulier, le cycle ingénieur mauritanien n'a pas encore atteint le seuil de diplômer une centaine d'ingénieurs par an, soit un dixième de la performance relative du Maroc. Il fallait donc à tout prix ouvrir des licences réellement professionnalisantes pour former les cadres intermédiaires dans les sciences de l’ingénieur. Ce fut pour moi un honneur et un plaisir d'avoir supervisé la conception et le lancement de l'Institut supérieur de la statistique à l'automne 2019, de l'Institut supérieur de l'énergie à l'automne 2020 et de l'Institut supérieur du numérique à l'automne 2021. Ces instituts se distinguent aujourd'hui en raison de leur adoption de l'approche du cycle ingénieur, avec un processus de formation d’excellence et une boucle qualité exigeante. Ils diplômeront à partir de cet été des promotions de techniciens hautement qualifiés.

 

La formation des cadres intermédiaires ne dispense pas de la formation des cadres supérieurs et notre pays n’a pas d'alternative autre que celle de continuer à développer la qualité de son cycle ingénieurs et l’extension de ses perspectives. Le meilleur et le plus court moyen d'y parvenir est de continuer à travailler pour obtenir une accréditation internationale, qui offrira de belles opportunités de partenariat avec de prestigieuses écoles d'ingénieurs à l'étranger et ouvrira de grandes portes aux financements internationaux dans le domaine de la formation. Notre pays avait organisé en décembre 2019 un séminaire sur la rénovation des cycles ingénieurs auquel avaient participé de grandes écoles d'ingénieurs françaises, marocaines et tunisiennes. Les séminaristes avaient conclu à la nécessité d'une modification des statuts et de la gouvernance du cycle ingénieur pour les arrimer aux standards internationaux de qualité. C’est ainsi que nous pouvons obtenir l’accréditation internationale inscrite dans la politique générale du gouvernement et attendue comme l'aboutissement des efforts importants déployés depuis plusieurs années par une équipe pédagogique volontaire pour son pays et soucieuse de son intérêt supérieur.

 

Au vu de ces perspectives prometteuses, il est nécessaire d'accélérer l'adoption des textes qui régissent le cycle ingénieur pour assurer le respect des délais fixés par l'accréditation internationale fin juin prochain, car manquer ces délais peut nous faire reculer de plusieurs années, sans parler de ses répercussions négatives sur l'intérêt des élèves-ingénieurs et l'enthousiasme des enseignants. La meilleure approche dans les circonstances actuelles est de répartir le cycle ingénieur actuel en deux écoles d'ingénieurs, l'une militaire et l'autre civile, afin que cette dernière puisse se conformer à la loi 2010-043 sur l'enseignement supérieur et soit capable de satisfaire les normes internationales relatives à la qualité de la formation dans les écoles d'ingénieurs. L'étape la plus importante dans cette démarche est l'adoption du décret portant création de la nouvelle école civile pour qu’elle puisse, administrativement, poursuivre la procédure l'accréditation internationale. Il convient de noter que la nouvelle école sera moins couteuse car elle ne nécessitera que le quart du budget de l'école actuelle, voire moins, étant donné qu'elle se concentre uniquement sur les dimensions académiques, sans s’occuper de l’encadrement militaire.

 

Certaines mauvaises langues ne manqueront pas de tenter en vain de semer la discorde entre les professeurs et le Ministère de la Défense nationale avec une interprétation malveillante de l’ambition sincère des professeurs et l'aspiration naturelle des étudiants à une accréditation internationale. La vérité est que le Ministère de la Défense nationale a joué un rôle de premier plan dans l'encadrement du cycle ingénieur fusionné depuis 2015, mais le modèle adopté alors, qui a été utile au début, ne peut plus s'adapter au développement important qui s'est accéléré dans la période récente et à la grande ambition qui se profile désormais à l'horizon. L'intérêt national exige que le secteur de l'enseignement supérieur assume aujourd'hui sa pleine responsabilité de la formation des ingénieurs civils, et le Ministère de la Défense Nationale se charge de la formation des officiers-ingénieurs, comme c'est déjà le cas aujourd’hui à l’Ecole Supérieure des Officiers qui est à l'Académie Navale. L’Enseignement Supérieur est le seul secteur qui a vocation à former des ingénieurs pour les institutions civiles et le secteur privé. Il n’est pas approprié qu’un autre secteur impose aux professeurs et aux étudiants un choix incompatible avec leurs aspirations à l'accréditation internationale et aux normes mondiales liées à la qualité de la formation.

 

L'existence de deux écoles militaires d'ingénieurs aujourd'hui, l'Ecole Supérieure Polytechnique et l'Ecole Supérieure d'Officiers, et l'absence de toute école civile d'ingénieurs est une situation anormale qui empêche la conformité à la loi 2010-043 réglementant les établissements d'enseignement supérieur et entrave le développement qui s'est accéléré depuis l'ambition affichée en 2019. A titre de comparaison, il n'y a qu’une seule école d’ingénieurs sur 205 écoles en France qui a une présence militaire et il n'y a qu’une seule école d’ingénieurs sur 44 écoles au Maroc qui a une présence militaire. Il est tout simplement possible d’assurer la discipline et d'organiser une éducation sportive avec des systèmes plus compatibles avec les écoles d'ingénieurs, en maintenant une forte personnalité capable de leadership et d'initiative. La discipline souhaitée dans les écoles civiles n'exige pas la suppression des activités associatives dans la vie étudiante, ni la privation des étudiants du droit de manifester tant qu'elle est justifiée et disciplinée par la réglementation. Il doit naturellement en être ainsi dans les établissements d’excellence, comme les écoles d'ingénieurs, qui sont principalement fréquentés par des étudiants excellents et studieux.

 

La vérité est que l’approche de l’audit de l'accréditation internationale nécessite l'adoption rapide des textes qui sont déjà rédigé et dont il ne reste plus que la programmation, pour éviter la perte de cette occasion qui peut occasionner le déclin du cycle ingénieur après son ascension fulgurante durant ces dernières années. Les répercussions de cet échec peuvent effectivement être dangereuses pour le cycle ingénieur si les professeurs perdent espoir dans le développement et abandonnent le projet alors qu'ils sont si près du succès et de la réussite. Les mauvaises répercussions peuvent également retentir au niveau du cycle préparatoire, car les prestigieux concours internationaux qui s'y organisent peuvent en être affectés si notre pays renonce à la démarche d'excellence qui attirait ces concours. 

 

L’accréditation internationale permettra, à l’inverse, de renforcer les liens avec les écoles d'ingénieurs les plus prestigieuses dans le monde et de nouer des partenariats dont le pays a aujourd'hui besoin pour la monté en compétences des équipes pédagogiques et pour la mobilité des élèves-ingénieurs. Le cycle ingénieur dispose d’ailleurs déjà aujourd’hui de deux projets d’envergure qui risquent d'être perdus. Le premier est celui de nouer un solide partenariat avec le plus grand regroupement d'écoles d'ingénieurs françaises, constitué de 15 écoles polytechniques et le deuxième est un partenariat semble avec groupes des INSA dont le leader, INSA Lyon, est déjà un grand partenaire.

 

La création d’une école d’ingénieurs civile doit également être accompagnée par la création d’un institut préparatoire aux concours civil, capable d’approvisionner le cycle ingénieur avec de bons étudiants. Cet institut pourra également abriter un département de prépa-commerce pour approvisionner la Haute Ecole de Commerce, prévue dans le programme présidentiel, et un département pour préparer l’agrégat pour lequel notre pays envoie actuellement les agrégatifs au Maroc et en Tunisie.

 

Je tiens à souligner que les professeurs experts qui sont revenus au pays de la diaspora avec une intention sincère de contribuer à son développement et se sont réunis dans le cycle ingénieur pour le développer et l'améliorer, ont un profond respect et une immense considération pour l’Armée Nationale, mais l'intérêt suprême du pays dans le domaine de l'éducation et de la formation les oblige à exprimer clairement et franchement leur opinion sur leur domaine de spécialisation. 

 

En conclusion, le savoir, le savoir-faire, le savoir-être et le savoir-agir constituent le portail d'entrée par laquelle notre pays peut accéder à des perspectives de développement, de stabilité et de prospérité. Il n’est donc pas sage de laisser échapper les belles opportunités qui s'y trouvent et il n’est pas pertinent d’enterrer une expérience prometteuse qui a fait la preuve de sa crédibilité et son excellence.

 

Mohamed Aly LOULY

J’ai le plaisir, à l'occasion de l’audit de l'accréditation internationale du cycle ingénieur, prévue fin juin prochain, de revenir sur la trajectoire de cette voie ambitieuse et d'évoquer quelques options nationales importantes qui seront décisives dans le futur. C’est aussi l’occasion de saluer les efforts investis depuis plusieurs années pour le hisser le cycle ingénieur mauritanien au rang des meilleures écoles d'ingénieurs, malgré la jeunesse de l'expérience et la modestie des ressources, car nous avions à cœur d'améliorer chaque année la qualité de la formation, pour chaque nouvelle promotion d'élèves-ingénieurs.

 

 

Il est plus pédagogique dans ce cadre de donner des exemples de références avec un pays industrialisé et un pays de notre région. La France forme par exemple chaque année 35 mille ingénieurs dans 205 écoles d'ingénieurs dans un pays d'environ 66 millions d'habitants, ce qui signifie qu’elle produit annuellement un ingénieur pour 2 mille personnes. Le Maroc s’est efforcé ces dernières années d'atteindre la moitié de cette performance et a réussi à former 10 mille ingénieurs par an dans 44 écoles d'ingénieurs, avec une population d'environ 40 millions d'habitants, ce qui signifie que le Maroc forme annuellement un ingénieur pour environ 4 mille personnes. Avec notre population d’environ 4 millions, nous devons à priori former un millier d'ingénieurs par an si nous voulons atteindre le même niveau de performance que le Maroc. C’est avec ce niveau d’efficacité des ressources humaines qu’il sera possible de concevoir des politiques économiques capables de rivaliser en termes d'attractivité industrielle et espérer ainsi pourvoir localiser une production d’envergure et des services de qualité dans le cadre d'une économie basée sur la connaissance et la compétence.

 

 

Notre pays a franchi des étapes importantes dans le développement de ses cycles ingénieurs et son ambition pour une accréditation internationale est devenue crédible depuis sa réussite dans la première phase en novembre 2019, mais, malgré son développement qualitatif régulier, le cycle ingénieur mauritanien n'a pas encore atteint le seuil de diplômer une centaine d'ingénieurs par an, soit un dixième de la performance relative du Maroc. Il fallait donc à tout prix ouvrir des licences réellement professionnalisantes pour former les cadres intermédiaires dans les sciences de l’ingénieur. Ce fut pour moi un honneur et un plaisir d'avoir supervisé la conception et le lancement de l'Institut supérieur de la statistique à l'automne 2019, de l'Institut supérieur de l'énergie à l'automne 2020 et de l'Institut supérieur du numérique à l'automne 2021. Ces instituts se distinguent aujourd'hui en raison de leur adoption de l'approche du cycle ingénieur, avec un processus de formation d’excellence et une boucle qualité exigeante. Ils diplômeront à partir de cet été des promotions de techniciens hautement qualifiés.

 

 

La formation des cadres intermédiaires ne dispense pas de la formation des cadres supérieurs et notre pays n’a pas d'alternative autre que celle de continuer à développer la qualité de son cycle ingénieurs et l’extension de ses perspectives. Le meilleur et le plus court moyen d'y parvenir est de continuer à travailler pour obtenir une accréditation internationale, qui offrira de belles opportunités de partenariat avec de prestigieuses écoles d'ingénieurs à l'étranger et ouvrira de grandes portes aux financements internationaux dans le domaine de la formation. Notre pays avait organisé en décembre 2019 un séminaire sur la rénovation des cycles ingénieurs auquel avaient participé de grandes écoles d'ingénieurs françaises, marocaines et tunisiennes. Les séminaristes avaient conclu à la nécessité d'une modification des statuts et de la gouvernance du cycle ingénieur pour les arrimer aux standards internationaux de qualité. C’est ainsi que nous pouvons obtenir l’accréditation internationale inscrite dans la politique générale du gouvernement et attendue comme l'aboutissement des efforts importants déployés depuis plusieurs années par une équipe pédagogique volontaire pour son pays et soucieuse de son intérêt supérieur.

 

 

Au vu de ces perspectives prometteuses, il est nécessaire d'accélérer l'adoption des textes qui régissent le cycle ingénieur pour assurer le respect des délais fixés par l'accréditation internationale fin juin prochain, car manquer ces délais peut nous faire reculer de plusieurs années, sans parler de ses répercussions négatives sur l'intérêt des élèves-ingénieurs et l'enthousiasme des enseignants. La meilleure approche dans les circonstances actuelles est de répartir le cycle ingénieur actuel en deux écoles d'ingénieurs, l'une militaire et l'autre civile, afin que cette dernière puisse se conformer à la loi 2010-043 sur l'enseignement supérieur et soit capable de satisfaire les normes internationales relatives à la qualité de la formation dans les écoles d'ingénieurs. L'étape la plus importante dans cette démarche est l'adoption du décret portant création de la nouvelle école civile pour qu’elle puisse, administrativement, poursuivre la procédure l'accréditation internationale. Il convient de noter que la nouvelle école sera moins couteuse car elle ne nécessitera que le quart du budget de l'école actuelle, voire moins, étant donné qu'elle se concentre uniquement sur les dimensions académiques, sans s’occuper de l’encadrement militaire.

 

Certaines mauvaises langues ne manqueront pas de tenter en vain de semer la discorde entre les professeurs et le Ministère de la Défense nationale avec une interprétation malveillante de l’ambition sincère des professeurs et l'aspiration naturelle des étudiants à une accréditation internationale. La vérité est que le Ministère de la Défense nationale a joué un rôle de premier plan dans l'encadrement du cycle ingénieur fusionné depuis 2015, mais le modèle adopté alors, qui a été utile au début, ne peut plus s'adapter au développement important qui s'est accéléré dans la période récente et à la grande ambition qui se profile désormais à l'horizon. L'intérêt national exige que le secteur de l'enseignement supérieur assume aujourd'hui sa pleine responsabilité de la formation des ingénieurs civils, et le Ministère de la Défense Nationale se charge de la formation des officiers-ingénieurs, comme c'est déjà le cas aujourd’hui à l’Ecole Supérieure des Officiers qui est à l'Académie Navale. L’Enseignement Supérieur est le seul secteur qui a vocation à former des ingénieurs pour les institutions civiles et le secteur privé. Il n’est pas approprié qu’un autre secteur impose aux professeurs et aux étudiants un choix incompatible avec leurs aspirations à l'accréditation internationale et aux normes mondiales liées à la qualité de la formation.

 

L'existence de deux écoles militaires d'ingénieurs aujourd'hui, l'Ecole Supérieure Polytechnique et l'Ecole Supérieure d'Officiers, et l'absence de toute école civile d'ingénieurs est une situation anormale qui empêche la conformité à la loi 2010-043 réglementant les établissements d'enseignement supérieur et entrave le développement qui s'est accéléré depuis l'ambition affichée en 2019. A titre de comparaison, il n'y a qu’une seule école d’ingénieurs sur 205 écoles en France qui a une présence militaire et il n'y a qu’une seule école d’ingénieurs sur 44 écoles au Maroc qui a une présence militaire. Il est tout simplement possible d’assurer la discipline et d'organiser une éducation sportive avec des systèmes plus compatibles avec les écoles d'ingénieurs, en maintenant une forte personnalité capable de leadership et d'initiative. La discipline souhaitée dans les écoles civiles n'exige pas la suppression des activités associatives dans la vie étudiante, ni la privation des étudiants du droit de manifester tant qu'elle est justifiée et disciplinée par la réglementation. Il doit naturellement en être ainsi dans les établissements d’excellence, comme les écoles d'ingénieurs, qui sont principalement fréquentés par des étudiants excellents et studieux.

La vérité est que l’approche de l’audit de l'accréditation internationale nécessite l'adoption rapide des textes qui sont déjà rédigé et dont il ne reste plus que la programmation, pour éviter la perte de cette occasion qui peut occasionner le déclin du cycle ingénieur après son ascension fulgurante durant ces dernières années. Les répercussions de cet échec peuvent effectivement être dangereuses pour le cycle ingénieur si les professeurs perdent espoir dans le développement et abandonnent le projet alors qu'ils sont si près du succès et de la réussite. Les mauvaises répercussions peuvent également retentir au niveau du cycle préparatoire, car les prestigieux concours internationaux qui s'y organisent peuvent en être affectés si notre pays renonce à la démarche d'excellence qui attirait ces concours. 

 

L’accréditation internationale permettra, à l’inverse, de renforcer les liens avec les écoles d'ingénieurs les plus prestigieuses dans le monde et de nouer des partenariats dont le pays a aujourd'hui besoin pour la monté en compétences des équipes pédagogiques et pour la mobilité des élèves-ingénieurs. Le cycle ingénieur dispose d’ailleurs déjà aujourd’hui de deux projets d’envergure qui risquent d'être perdus. Le premier est celui de nouer un solide partenariat avec le plus grand regroupement d'écoles d'ingénieurs françaises, constitué de 15 écoles polytechniques et le deuxième est un partenariat semble avec groupes des INSA dont le leader, INSA Lyon, est déjà un grand partenaire.

 

La création d’une école d’ingénieurs civile doit également être accompagnée par la création d’un institut préparatoire aux concours civil, capable d’approvisionner le cycle ingénieur avec de bons étudiants. Cet institut pourra également abriter un département de prépa-commerce pour approvisionner la Haute Ecole de Commerce, prévue dans le programme présidentiel, et un département pour préparer l’agrégat pour lequel notre pays envoie actuellement les agrégatifs au Maroc et en Tunisie.

 

Je tiens à souligner que les professeurs experts qui sont revenus au pays de la diaspora avec une intention sincère de contribuer à son développement et se sont réunis dans le cycle ingénieur pour le développer et l'améliorer, ont un profond respect et une immense considération pour l’Armée Nationale, mais l'intérêt suprême du pays dans le domaine de l'éducation et de la formation les oblige à exprimer clairement et franchement leur opinion sur leur domaine de spécialisation. 

 

En conclusion, le savoir, le savoir-faire, le savoir-être et le savoir-agir constituent le portail d'entrée par laquelle notre pays peut accéder à des perspectives de développement, de stabilité et de prospérité. Il n’est donc pas sage de laisser échapper les belles opportunités qui s'y trouvent et il n’est pas pertinent d’enterrer une expérience prometteuse qui a fait la preuve de sa crédibilité et son excellence.

 

Mohamed Aly LOULY

Directeur des Académique de l’Ecole Supérieure Polytechnique

ma.louly@esp.mr

42200404

Directeur des Académique de l’Ecole Supérieure Polytechnique

ma.louly@esp.mr

42200404

 




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